Janome 2000 CPX vs Juki MCS 1800
Dans cet article, je vais comparer en détail la recouvreuse Janome 2000 CPX et la Juki MCS 1800, qui sont des machines qui permettent réellement de transformer un projet « fait maison » en une pièce digne du prêt à porter.
Soyons honnêtes : si l'aiguille double peut dépanner pour les mailles, la finition qu'apporte une recouvreuse est tout simplement incomparable. C'est le niveau supérieur !
C'est un achat à prévoir uniquement quand on est déjà équipé d'une bonne machine à coudre et d'une bonne surjeteuse et que l’on veut parfaire ses finitions.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de partager avec vous ce comparatif, rendu possible grâce à l'équipe de Stecker à Bertrix (que je remercie), qui m'a permis de tester longuement ces deux bêtes de course. J'ai eu l'occasion de pousser les deux machines dans leurs retranchements pour vous donner un avis éclairé.
L'utilisation d'une recouvreuse
Avant de démarrer la comparaison technique des deux modèles, il me paraît utile de rappeler quelques notions et astuces essentielles sur l’utilisation d’une recouvreuse.
Les leçons universelles de la recouvreuse : Que vous choisissiez la Janome ou la Juki, il y a des habitudes à prendre pour réussir vos finitions. Ces conseils sont valables pour presque toutes les recouvreuses et sont la clé pour un projet réussi
Les techniques de base à maîtriser : La recouvreuse a un mode d'emploi différent de votre machine à coudre ou surjeteuse ! Il y a quelques petites manies à prendre, mais une fois qu'on les connaît, son utilisation est aisée.
1. Placement initial des fils : Après l'enfilage, il y a une technique spécifique pour positionner les fils correctement sous le pied presseur, car ce n'est pas intuitif! Pour garantir un bon départ, voici comment procéder :
- Placez votre tissu sous le pied.
- Faites un tour de volant pour que l'aiguille pique et revienne à sa position haute.
- Enlevez ensuite le tissu. Les fils se mettront alors bien en place, prêts pour la couture.
2. Démarrage du point : Lorsque vous commencez à coudre votre tissu, inutile de faire un point d'arrêt ou d'aller-retour. Commencez simplement à piquer votre maille. Personnellement, je démarre toujours en plaçant manuellement l'aiguille piquée dans le tissu à l'aide du volant, pour m'assurer que le point commence exactement où je le souhaite.
3. Fin de couture : Pour bien terminer et retirer votre ouvrage, il ne faut jamais faire d'avant-arrière ou continuer à coudre comme sur une surjeteuse! C'est souvent l'erreur des débutants. La bonne technique est la suivante :
- Je lève le pied presseur.
- Je fais un tour de volant pour dégager le point.
- Je glisse un ciseau ou une pince sous le pied de biche pour faire revenir les fils vers moi.
- Je coupe le fil avec le coupe-fil intégré. Cette manœuvre permet aux fils de bien se placer pour une prochaine couture.
Accessoires et matières indispensables
Une paire de ciseau pélican : C'est mon conseil pour des ourlets impeccables. Pour des finitions invisibles et une coupe nette près du point de chaînette, cet outil est indispensable si vous ne voulez pas vous prendre la tête à recouper en amont le tissu plié.
La gestion des épaisseurs : Les recouvreuses peuvent parfois être réticentes face aux couches. L'investissement dans des petits outils comme la plaquette stabilisatrice Bernina ou la fameuse "belle-mère" est souvent indispensable pour aider la machine à passer certaines épaisseurs.
Le choix du fil : Pensez à utiliser un fil Aerolock (ou mousse) pour le boucleur afin d'avoir un point souple et élastique, et du fil classique pour les aiguilles.
La JANOME 2000 CPX : Ma première impression, simple et efficace
La Janome 2000 CPX a été la première que j'ai pu prendre en main. Si je devais résumer son plus grand atout lors de ce test, ce serait sa simplicité d'utilisation et d’enfilage.
Les points forts que j'ai adorés :)
L'enfilage un jeu d'enfant :
C'est sans doute ce que je préfère. Son système à un seul boucleur (à ne pas confondre avec sa grande sœur la Janome 3000 CPX qui en a deux) est étonnamment simple et intuitif à enfiler, grâce aux codes couleurs et au dégagement du boucleur. C'est un gain de temps précieux qui me permet de me lancer dans mes projets sans frustration. On change rapidement de couleur de fils sans prise de tête.
La polyvalence du point :
Avec la possibilité de coudre à 1, 2 ou 3 aiguilles, et un point de chaînette (une seule aiguille) vraiment solide à l'arrière, elle couvre tous les besoins de base, des ourlets aux assemblages élastiques.
Grand espace de travail :
J'apprécie son grand espace de travail au niveau du bras libre, idéal pour les pièces volumineuses ou si vous avez l’habitude d’utiliser une recouvreuse pour des points décoratifs en milieu de pièce.
Vaste gamme d'accessoires :
C'est un très gros avantage ! Il existe de nombreux accessoires compatibles pour la Janome 2000 CPX (pied transparent, guide ourleur, pied pose-biais 32 et 42mm, pied avec guide au milieu et guide pour biais passant ceinture, guide pose élastique etc.), ce qui permet de l'adapter à absolument tous les projets créatifs. Cependant, tous ces accessoires ont un certain coût… Il faut voir si cela est réellement rentable à l’usage.
Accessoire pratique pour les aiguilles : Un petit plus qui fait la différence : la machine inclut un outil très pratique pour enlever et insérer les aiguilles. C'est un détail de conception qui sécurise et facilite cette manipulation souvent délicate.
Les bémols à noter :(
Hauteur du pied de biche :
le gros point faible de cette machine, c’est la hauteur du pied de biche. Cela rend parfois l'insertion d'épaisseurs multiples (comme les ourlets d'un molleton épais) un peu délicate. Pour moi, c’est vraiment un gros point noir.
Gestion des épaisseurs :
Pour garantir des points réguliers sur les tissus épais ou les coutures superposées, j'ai rapidement constaté le besoin d'utiliser une plaque stabilisatrice (type Bernina). Sans cela, les points peuvent être moins réguliers.
Pied pose biais dans les accessoires :
J'ai pu constater que le pied pose-biais est très pratique, mais il est exigeant : il faut un biais de 42 mm pour qu'il fonctionne parfaitement (ou le 32 mm avec l'accessoire dédié).
Il nécessite de faire de nombreux réglages pour que le point soit parfait et c’est toujours un peu compliqué de finir proprement en début et fin de couture.
La JUKI MCS 1800 : compacte et qualitative
La Juki MCS 1800 s'inscrit dans la lignée de ce que j'attends d'une machine de cette marque : de la qualité industrielle adaptée à la maison. C'est une machine souvent plébiscitée pour sa robustesse et sa puissance, et après l'avoir testée, je comprends pourquoi.
Les points forts qui m'ont impressionné :)
Précision et aides visuelles :
C'est un détail qui a toute son importance : la machine est dotée de lignes tracées (à 1, 1,5, 2cm etc.) sur la recouvreuse. C'est hyper pratique pour être d'une précision redoutable sans avoir à sortir sa règle en permanence ou utiliser un pied spécifique.
Compacité :
La Juki, est hyper compacte. C'est un atout majeur si, comme moi, vous manquez de place dans votre atelier. Elle se glisse facilement sur le plan de travail.
Passage des épaisseurs :
J'ai tout de suite senti la différence avec la Janome! Son relevage de pied presseur en 2 hauteurs (8 mm et 10 mm) est un atout majeur qui facilite grandement l'insertion de tissus plus épais ou de multiples couches. De plus, son pied permet de gérer des épaisseurs différentes de part et d’autre d’un projet à l’aide de bras articulé au niveau du pied de biche.
Puissance et stabilité :
La MCS 1800 est réputée pour son châssis métallique et son moteur puissant. En couture, on le sent : elle ne vibre presque pas et peut atteindre une vitesse allant jusqu'à 1350 points/minute !
Guide d'ourlet intégré :
Un accessoire que j'ai trouvé vraiment pratique est la présence d'un guide pour l'ourlet. Cela garantit des ourlets droits et uniformes sans effort. Il est préférable d’avoir marqué au fer son ourlet mais par la suite, cela va tout seul.
Les bémols à noter :(
Enfilage :
Au départ, l'enfilage peut faire peur et paraître plus complexe que sur la Janome, mais au final, il est accessible si vous êtes habitué aux surjeteuses. Une fois qu'on a compris le chemin des fils et utilisé le dégagement du boucleur, cela se fait très bien.
Espace de travail :
C'est le revers de la médaille de sa compacité. La Juki a un espace de travail plus étroit que la Janome (elle est basée sur un châssis de surjeteuse), ce qui peut être un peu moins confortable pour les très grands projets ou si vous aimez les points de recouvrement décoratif en milieu de projet.
Point de Chaînette :
Attention, pour réaliser le point de chaînette, cela ne fonctionne qu'avec l'aiguille gauche. Il faut donc adapter le placement de votre tissu en conséquence.
Exigence pour la canette :
Si vous utilisez une canette de machine à coudre (et non une bobine classique), vous devez impérativement la placer sur l'accessoire prévu sur le porte-bobine, sinon le fil ne se dévide pas correctement.
Mon verdict final : Janome ou Juki
Après avoir passé du temps avec ces deux excellentes recouvreuses, le choix final dépendra vraiment de vos priorités en couture. Il n'y a pas de "meilleure" machine dans l'absolu, mais une qui correspond mieux à votre usage.
Optez pour la Janome 2000 CPX si... vous privilégiez avant tout la facilité et la rapidité de l'enfilage. C'est la machine idéale si vous changez souvent de fil et que vous recherchez une grande polyvalence grâce à sa large gamme d'accessoires disponibles. Son grand espace de travail est également un atout pour les pièces volumineuses. C'est le choix de la simplicité et de la polyvalence en restant à un prix accessible.
Optez pour la Juki MCS 1800 si... vous travaillez souvent des épaisseurs ou des matières exigeantes. Sa puissance industrielle, sa stabilité (moins de vibrations) et son pied de biche qui se lève à 10 mm font la différence sur ces points. Sa compacité et ses aides à la précision (les lignes tracées) ainsi que le pied ourlet sont des arguments de taille si vous recherchez un outil performant et peu encombrant. C'est le choix de la performance et de la robustesse.
Votre meilleure recouvreuse est celle qui s'aligne parfaitement avec les tissus que vous cousez le plus souvent, votre manière de coudre (décoratif ou essentiellement des ourlets de finition) et votre budget.
Merci à Sophie de @aufildesof
